Malicorne.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

A l’occasion du passage du groupe à Paris au Trianon le 20 septembre dernier, nous avions rencontré Gabriel Yacoub et Marie Sauvet à Lignières, au cœur du Berry pendant leur résidence de création aux Bains-Douches. Un lieu d’accompagnement des artistes qui mène depuis plus de 30 ans une action culturelle importante et exigeante dans le domaine de la chanson francophone.
 
Qu’est-ce-qui a motivé votre décision de reprendre la route sous le nom de Malicorne ?
 
Gabriel: Rappelons que le fameux concert Gabriel Yacoub invite Malicorne aux Francofolies de La Rochelle en 2010 avec les quatre membres fondateurs n'était pas tout à fait une reformation, ni un hommage mais un « one-shot » que nous avions accepté avec bonheur et sous l'insistance de Gérard Pont (Directeur des Francofolies) pour faire plaisir à tous ceux qui aimaient notre musique et qui ne nous avaient jamais vu sur scène.
 
Marie : Il y avait avec nous Olivier Zdrzalik-Kowalski, à nos côtés depuis 1977 et de nombreux artistes amateurs de nos chansons comme Claire Diterzi, JP Nataf, Le Quatuor, Michel Rivard, Karl Zéro, Tété,... Il n'était pas prévu que cela aille plus loin...
 
Gabriel : Après une période de doute et d’envie, il y a eu Gabriel et Marie de Malicorne à partir de novembre 2011 avec quatre nouveaux musiciens... Finalement en septembre 2012, on a décidé de reprendre le nom original, cela simplifiait tout et ne changeait rien. Ceux qui nous accompagnent maintenant sont des collaborateurs de longue date. Certains sont présents à mes côtés depuis des années. Ce sont Yannick Hardouin (claviers, basse acoustique, chant), Nicolas Mingot (guitares), Gilles Chabenat (vielle à roue électro-acoustique), David Pouradier-Duteil (batterie, percussions). Le seul vrai petit « nouveau » est le chanteur/accordéoniste Romain Personnat, même si il interprète nos chansons depuis qu’il est bébé (rires) !
 
Marie: L'idée de reformer Malicorne est venue lentement, progressivement…ce n'était pas prémédité ! Au départ, Il y avait un problème important, deux des «historiques» n'étaient pas disponibles: Laurent Vercambre tourne avec Le Quatuor, Hugues de Courson habite en Malaisie. Nos nouveaux accompagnateurs se sont imposés naturellement, ils jouent bien, ils aiment notre musique, c'est un peu la famille !
 
Quels sont les particularités de la nouvelle formation ?
 
Marie: La base de notre travail, c'est l'ancien répertoire. On ne peut pas éviter de rechanter nos "classiques". Notre public a envie de réentendre des « standards » comme Pierre de Grenoble, Marion les Roses, Le Luneux, L'Ecolier Assassin... Mais il y a aussi de nouveaux titres, des traditionnels et des compositions. Et on a l'intention ferme de faire un nouvel album, on a déjà fait des maquettes… Cela prend du temps parce que nous sommes dispersés géographiquement, les musiciens ont de nombreux autres projets en cours...
 
Gabriel : Pour le Trianon et les concerts qui vont suivre, nous n’avons pas revu complètement les arrangements des morceaux, mais nous les avons adaptés à cette formation. Par exemple, certains titres ne seront pas seulement acoustiques. Nous sommes maintenant sept et chacun amène ses idées… Sur scène, il y a une énergie et une sensibilité nouvelle.
 
Quels regards portez-vous aujourd'hui sur vos textes ?
 
Gabriel : Quand on a commencé, nous étions jeunes et très instinctifs, on prenait beaucoup de libertés… Aujourd’hui, on a acquis de l’expérience et on est forcément plus critique, plus attentif, même si nous ne renions aucun de nos choix passés et que nous avons toujours aimé nos chansons.
 
Marie : Nous avons la chance aujourd’hui de pouvoir accéder à une documentation immense et fabuleuse, ce qui n’était pas toujours le cas il y a quarante ans…
 
Avez-vous conscience de l’importance qu’a eu le groupe auprès de nombreux musiciens mais aussi de simples auditeurs/spectateurs ?
 
Gabriel: On se doutait bien que Malicorne était resté dans le cœur des gens, on recevait des messages, des témoignages très touchants… Maintenant, et on le voit pendant les concerts, il y a parfois des gens qui pleurent d’émotion pendant tel ou tel morceau…
 
Marie: De voir que le public est toujours là, des familles avec parfois les enfants, les petits-enfants… cela nous touche vraiment !
                                 
                                       Propos recueillis par Frantz-Minh Raimbourg.
Festival de Cornouaille de Quimper. Juillet 2012. De gauche à droite: Marie Sauvet, Gabriel Yacoub, Romain Personnat. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Festival de Cornouaille de Quimper. Juillet 2012. De gauche à droite: Marie Sauvet, Gabriel Yacoub, Romain Personnat. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

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