Kora Jazz Band.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Rencontre avec le compositeur, arrangeur et pianiste Abdelaye Diabaté à l’occasion du dernier album du trio.
Kora Jazz band au New Morning (Paris). Novembre 2014. Abdelaye Diabaté et Monica Pereira. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg).

Kora Jazz band au New Morning (Paris). Novembre 2014. Abdelaye Diabaté et Monica Pereira. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg).

Comment a commencé l’aventure ?
En ce qui me concerne, je suis né dans une famille de musiciens professionnels et j’ai été bercé par les sonorités de mon pays, le Sénégal.
Après 10 ans d’études au Conservatoire National, j’ai dirigé l’Orchestre National du Sénégal à Dakar. Cette formation était composée de 66 instrumentistes dont une section d’Afro jazz. J’étais attiré par cette musique, même si je ne comprenais pas toutes les notions d’improvisation, d’harmonie et de contrepoint. Plus tard, j’ai décroché une bourse française pour intégrer le cycle professionnel du CIM (L’Ecole Jazz et Musiques actuelles) à Paris.
Le groupe qui s’est d’abord appelé Kora Jazz Trio s’est formé en l’an 2000 avec Djeli Moussa Diawara (Kora) et Moussa Sissokho (percussions). Sous ce nom, nous avons sorti trois disques (Kora jazz trio, Part II, Part III).
Quel était votre répertoire de l’époque ?
La base c’est le trio piano, kora et percussions. Nous sommes avant tout des solistes. Dès nos débuts, il y avait la volonté de réinventer l’héritage mandingue, de réunir deux instruments longtemps éloignés, de revisiter par exemple un thème de Charlie Parker à la kora...
Parlez-nous de Soriba Kouyate ?
Après le tryptique des débuts, Djeli Moussa Diawara a décidé de se consacrer à ses projets solos. Soriba nous a rejoints. Nous avons enregistré ensemble Kora Jazz Band and guests en août 2010 avec de nombreux invités (dont Manu Dibango au marimba). Il a pu entendre l’album mixé alors qu’il était à l’hôpital, il était content… Malheureusement, il est décédé peu de temps après… Il était plus qu’un ami, nous avons grandi ensemble et c’est d’ailleurs mon père qui lui a donné sa première kora. Il me manque toujours… Nous avons donné un concert en son hommage au Festival Mondial des Arts Nègres. Je n’ai toujours pas fait le deuil de sa disparition. Il a fallu plus de temps que d’habitude pour sortir l’album suivant…
Kora Jazz Band.
Ce dernier album justement ?
Le koriste Yakhouba Sissokkho est venu depuis se joindre à nous. Il est habitué à jouer différents styles et a accompagné aussi bien Dee Dee Bridgewater que le trompettiste Erik Truffaz. Nous avons quelques invités comme Andy Narell au steelpan, le guitariste Ousmane Kouyaté, le percussionniste Cyrille Maillard et les chanteuses Monica Pereira et Kandet Dioubate. Dans chaque disque, nous rendons hommage à des artistes qui ont apporté quelque chose à la musique. Dans ce dernier opus, il y a une ballade (Baden Nga) dédié à Soriba, nous reprenons des morceaux des Toure Kunda (Labrador), Michel Petrucciani (Looking Up) et Bach (Badinerie). Il y a bien sûr aussi plusieurs compositions originales teintées de la tradition griotte.
Et la scène ?
Nous ne faisons jamais deux concerts pareils ! Quand ça démarre, nous jouons le thème puis nous improvisons. A chaque fois, c’est un défi, un dialogue permanent et notre manière de palabrer.
                                          Propos recueillis par Frantz-Minh Raimbourg.
Kora Jazz band au New Morning (Paris). Novembre 2014. Yakhouba Sissokho et Andy Narell. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg).

Kora Jazz band au New Morning (Paris). Novembre 2014. Yakhouba Sissokho et Andy Narell. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg).

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