Tournée Générale.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Cela fait déjà plus de dix ans que les deux frères Vauthier et leurs musiciens sillonnent les routes de France depuis leurs Vosges natales, de bars en festivals, avec leur guitare et accordéon en bandoulières, leurs textes exaltés ou tendres et cette ivresse des scènes qui se confond avec une générosité sans limite.
Quelques semaines avant la parution de leur nouvel album, il était temps de les rencontrer.
 
Photo: Gabriel Loisy.

Photo: Gabriel Loisy.

Quel est votre parcours musical à tous les deux ?
Maxime : En ce qui me concerne, j’ai commencé à m’intéresser à la musique assez tard. Enfant, je préférais jouer au foot !
J’ai eu le coup de foudre pour l’accordéon à 18 ans, l’année de mon bac ! A l’époque, il y avait des groupes comme les Têtes Raides où le piano à bretelles avait une place importante et une sonorité différente de celle que j’avais en mémoire.
Jean-Philippe : Dès l’adolescence, j’ai eu besoin d’écrire, de chanter, d’apprendre la guitare pour m’accompagner…
Comment Tournée Générale a vu le jour ?
Jean-Philippe : En 2003, j’étais en fac de droit et j’ai fait connaissance avec Frédéric Georges. Comme moi, il était passionné par des artistes comme Renaud, Mano Solo, Miossec…
Un jour, nous sommes allés voir la Rue Ketanou sur scène. Je n’avais jamais ressenti une telle émotion lors d’un concert ! On s’est dit « c’est ça qu’on veut faire ! ». Avec Maxime à l’accordéon et lui à la basse, nous avons fondé Tournée Générale.
Le nom est venu comme ça, parce qu’on aime bien cette idée de fête, de partage… Par la suite, on a appris que notre arrière grand-père venait à Epinal les soirs de paye et offrait une « tournée générale » dans tous les bistrots de notre ville (rires).
Maxime : Notre répertoire était composé de reprises de toutes ces formations qu’on adorait et très rapidement de quelques compos originales contestataires, réalistes mais aussi emprunts d’une certaine nostalgie. On a joué dans un nombre incalculable de bars et déjà dans quelques salles de concert, d’abord dans la région d’Epinal puis un peu partout là où on voulait bien de nous !
Jean-Philippe : On a fini par rencontrer les membres de la Rue Ketanou qui nous ont invités à plusieurs reprises en première partie de leurs concerts.
A partir de là, on a sillonné les routes de France et on s’est produit dans des festivals tels que les Francofolies de la Rochelle, le Printemps de Bourges ou le Festival d'Avignon, d’abord dans les rues puis plus tard dans les salles.
Jean-Philippe Vauthier. ACP. La Manufacture Chanson. Octobre 2015. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Jean-Philippe Vauthier. ACP. La Manufacture Chanson. Octobre 2015. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Maxime  Vauthier. ACP. La Manufacture Chanson. Octobre 2015. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Maxime Vauthier. ACP. La Manufacture Chanson. Octobre 2015. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Votre premier album date de 2005 ?
Jean-Philippe : Oui, nous l’avons autoproduit et tiré à 1500 exemplaires. Il s’appelle "Sur un Autre Ton". Il contient 10 titres enregistrés à Paris dans un home studio. On y retrouve des chansons comme « 6 milliards… » écrites rapidement, dans l’urgence, dans l’esprit libertaire du Charlie-Hebdo de l’époque.
Même si les morceaux plus récents sont sans doute plus consensuels, c’est un répertoire que nous assumons et qui est toujours réclamé par notre public lors de nos récitals.
Maxime: Nous avions monté à cette occasion une tournée de 3 semaines dans certains bars de la capitale dont le Gobe Lune tenu par Jacques Gatteau dans le 20ème arrondissement. Nous qui sommes vosgiens, nous nous sommes retrouvés là, nous avons fait connaissance avec des artistes comme Yannick Delaunay, Jean Dubois et Christian Paccoud en particulier avec qui nous avons beaucoup collaboré.
Le deuxième opus ("On n'est pas prêt d's'en remettre"), a été enregistré en public ?
Jean-Philippe : Le « bouche à oreilles » fonctionnait bien et il y avait un réel intérêt pour le groupe... On avait besoin de partager l’ambiance de nos concerts.
Il a été réalisé en octobre 2006 à l'Azimut854 de Nancy devant plus de 300 spectateurs et il est paru l’année suivante suivi d'un DVD du concert ("C'est du Live") distribué par le label Mosaic.
Que s’est-il passé ensuite ?
Jean-Philippe : C’est à ce moment là que Fred a décidé de partir. Il a été remplacé par Quentin Roynette à la basse.
Nous avons fait une tournée des centres culturels français en Algérie avec Christian Paccoud. Nous avons été invités aux Nuits de Nacre à Tulle, au Printemps des Bretelles, au Nancy Jazz Pulsations et en première partie de Mano Solo ou avec Allain Leprest à Paris et à Nancy.
Maxime: En 2009, la troisième galette ("Tournée Générale") est sortie chez Artdisto, distribué par Wagram. C’est le premier « vrai » album studio, avec des arrangements longuement réfléchis et quelques invités.
On a enchaîné avec une centaine de spectacles dans toute la France dont 6 représentations à l'espace Kiron à Paris d'un spectacle commun avec l’incontournable Christian Paccoud ("ça c'est du lourd").
En 2012, après la sortie de "Demain c'est quand" (MVS-ANticraft), Quentin nous a quitté pour d’autres aventures. Albert Boutillier à la contrebasse et Patrice « Gonzo » Hue à la batterie sont venus nous épauler et ils sont toujours avec nous.
En 2015, pour nos 10 ans, nous avons fait paraître un nouveau live (« 10 ans…et toutes nos dents ! ») où on retrouve la plupart des titres qui ont marqué notre carrière : des compositions du groupe et des reprises de Léo Ferré, Renaud et…Christian Paccoud !
Photo: Gabriel Loisy.

Photo: Gabriel Loisy.

Tournée Générale, c’est avant tout un esprit ?
Jean-Philippe : On n’a jamais eu l’impression de « galérer » ! Même si on ne passe pas à la télévision et qu’on ne vend pas des millions de disques, on a la chance de faire ce que l’on aime, on ne se plaint pas…
Maxime : Quand on jouait dans les bistrots, on prenait l’apéro en même temps que les gens présents, et puis on y allait ! On adore la scène, c’est un peu notre exutoire !
Y a-t-il eu une évolution dans vos textes ?
Jean-Philippe : Comme je le disais, ils sont peut-être moins virulents, plus enrobés, ils s’adressent à une frange plus importante de la population…
Maxime : Notre identité, c’est l’accordéon, la chanson française, un peu musette et jazz manouche... La musique sert avant tout le texte, quoi qu’il arrive… Mais les influences anglo-saxonnes sont forcément passés par là (Je pense à Neil Young, Bob Dylan…) et notre son est maintenant aussi plus rock…
Vous avez une vie artistique en dehors du groupe ?
Maxime : Jean-Philippe et moi-même avons créé le duo Rouge-Gorge pour rendre hommage à des auteurs que nous aimons particulièrement et que nous chantions dès nos débuts pendant les après-concerts, ça va de Léo Ferré à Allain Leprest en passant par Bernard Dimey, Bourvil, Henri Tachan, François Béranger… C’est une formule à deux qui nous permet de revenir vers des petits lieux.
Sinon, j’accompagne le chanteur Philippe Roussel dans ses spectacles jeune public et ses deux « parenthèses » pour adultes.
Jean-Philippe : Mon projet solo est composé de textes qui sortent complètement de l’esprit de Tournée générale. Je parle d’amitié, d’amour, de la difficulté d’un homme devant l’avenir, le temps qui passe ou la mort…C’est beaucoup plus personnel et c’est quelque chose que j’ai envie de défendre seul sur scène… C’est la suite du chemin…
                                            Propos recueillis par Frantz-Minh Raimbourg
Tournée Générale.

Publié dans Chanson Francophone

Commenter cet article