Bill Keith (1939-2015). Ce n’est qu’un au revoir...

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Bill Keith (1939-2015).  Ce n’est qu’un au revoir...
Pour la première fois, la.titudes rend hommage à  une légende du folk américain.
Merci à Caroline Barray pour ce bel article.
Le fameux joueur de banjo, William Bradford Keith, alias Bill Keith, a été emporté par la maladie le 23 octobre 2015.
Le 1er octobre, il avait été intronisé à l’International Bluegrass Music-hall of Fame. Il a apporté une grande contribution à la pratique du banjo en jetant un pont depuis le style du banjo traditionnel du milieu de XXe siècle aux banjoïstes modernes Tony Trischka, Béla Fleck, Noam Pikelny et Ryan Cavanaugh.
En 1957, il apprend le banjo selon la méthode de Pete Seeger. Surdoué, il apporta ce style nouveau et progressiste appelé style mélodique popularisé au début des années 1960 et développa la facture du banjo à cinq cordes.
Sa vie personnelle et professionnelle fut intimement liée à la France, il était par ailleurs diplômé en littérature française du XVIIIe siècle.
Il jouait alors avec la violoniste June Hall quand il décida de décomposer les deux classiques du violon, Devil’s Dream et Sailor’s Hornpipe en les jouant note à note, le « Keith style » était né. Les deux titres sont enregistrés en 1962 avec Jim Rooney, son partenaire chanteur et guitariste, dans l’album Bluegrass, Livin’ on the mountain (1963).
Il enregistre ensuite The Bluegrass (1964) avec Red Allen, Frank Wakefield and Kentuckians. Il travailla un temps sur sa méthode avec le banjoïste Earl Scruggs à Baltimore et, par l’entremise de celui-ci, il travailla neuf mois avec le fondateur du bluegrass Bill Monroe, sous le prénom Brad, avec les Blue Grass boys, ce qui lui permit valoriser son style.
Continuant à développer de nouvelles techniques, il joue pendant quatre ans dans le Jim Kweskin Jug Band (1964-1968) et de la Pedal steel guitar dans le Blue Velvet Band avec Richard Greene (violoniste), Eric Weissberg (guitariste) et Jim Rooney (Sweet Moments, 1969).
Menant un important travail de studio, on le retrouve dans divers enregistrements de Richie Havens par exemple ou des Bee Gees.
Il s’installa à Woodstock dans une communauté de musiciens et rejoint le collectif Mudacres en 1972 avec la production du disque Music amont Friends (Rounder, 1972) avec Happy Traum et Jim Rooney.
En 1973, c’est la réalisation du disque de référence A pot pourri of Bluegrass Jam (Warner Bros) avec le groupe Muleskinner ; Peter Rowan (guitare, chant), David Grisman (Mandoline), Clarence White (guitare) et Richard Greene (violon).
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Bill Keith (1939-2015).  Ce n’est qu’un au revoir...
Bill Keith (1939-2015).  Ce n’est qu’un au revoir...
Il voyage souvent en Europe dans les années 1970 avec Jim Rooney, Jim Collier (chanteur) et Kenny Kosek (violoniste), échange avec des musiciens français : Mike Larie, Pierre Bensusan, Christian Séguret (mandoline), Hervé de Sainte-Foix et Lionel Wendling (basse).
Il se rapprocha davantage de la France avec son mariage avec la violoniste Claire Liret de Long Distance.
Quelques disques français : Banjo Paris Session vol 1 et 2 (1975-1977 Pony/Musigrass, Cezame), Old fashion love de Christian Séguret (1977). Il accompagne Marcel Dadi (Olympia) avec lequel il réalise plusieurs albums en France et Etats-Unis.
En 1976, il participe au disque qui influença de nombreux banjoïstes français chez Rounder Something Auld, Something Newgrass, Something Borrowed, Something Blue-Grass, reédité en 1998.
Il joua dans plusieurs festivals en Europe avec notamment Jim Collier, Kenny Kosek, Christian Séguret et Lionel Wendling avec un album Hexagone en 1978. Puis en 1981, Fiddle tunes for banjo (Rounder, reéd 1999) avec Tony Trischka et Bela Fleck, en solo en 1984 avec Banjoistic (Rounder), puis 1993 Beating around the bush green (Linet).
Il a également breveté des mécaniques, les "Keith pegs", produites par son entreprise Beacon Banjo Compagny, permettant de faire varier les notes plus rapidement.
Il écrivit de nombreuses tablatures d’après la méthode Earl Struggs. En 1977, il publie une méthode en français avec le banjoïste Jean-Marie-Redon (Chapell 1977, reéd. Musicom), mais aussi avec Winnie Winston, une méthode de Pedal Steel Guitar (Oak Publications, 1975), un livret de tablatures Bill Keith Banjo (coll. Bluegrass Master series), un DVD, Play Bluegrass Banjo by Ear (Homespun, 2005).
Ceux qui l’ont connu saluent un grand musicien mais aussi un homme fort sympathique.
Pour la légende de la démonstration, il jouait Auld lang Syne, ce n’est qu’un au revoir, en actionnant les mécaniques sans mettre un doigt sur les touches de son banjo.
 
Sources :
-Bill Keith’s website
-http://www.banjohangout.org
-Auld lang Syne : https://www.youtube.com/watch?v=e1URm2h8LG4
-Tony Trischka, Bill Keith, Bluegrass Unlimited, 1975
-Bill Keith, in the Encyclopédia of Country Music, Oxford University Press, 1998, p. 276
-Claude Vue, Bill Keith (1939-2015) dans Trad Magazine, n°165, janvier-février 2015
 
Bill Keith (1939-2015).  Ce n’est qu’un au revoir...

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