Djeli Moussa Conde.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Avec Vincent Lassalle. Mars 2016. "Scène du Monde. Espace Prévert" de Savigny-le-Temple. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Avec Vincent Lassalle. Mars 2016. "Scène du Monde. Espace Prévert" de Savigny-le-Temple. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Rencontre avec le barde d'origine guinéenne à l'occasion de son concert à "Scène du Monde. Espace Prévert" de Savigny-le-Temple (77176).

Djeli est né en Guinée-Conakry dans une famille de griots où on jouait du balafon et de la guitare.
Il part très jeune en Gambie. Dès l’âge de sept ans, il est envoyé loin de chez lui et de son plein gré auprès d’un marabout pour étudier les textes fondateurs de l’Islam.

Ces études sont « perturbées » par la découverte de la kora. J’ai découvert la harpe-luth mandingue par l’intermédiaire du père de Toumani Diabate, le légendaire Sidiki Diabate. Un soir, celui-ci est venu saluer mes parents. A partir de ce jour là, j’ai commencé à étudier l’instrument et le répertoire classique mandingue.

Il suit ces enseignements auprès du maître Lamine Sissoko (dont le fils Ballaké est célèbre entre autres pour son duo avec le violoncelliste Vincent Ségal) et perpétue ainsi l’héritage culturel ancestral. Comme beaucoup de jeunes, il découvre dans le même temps la musique diffusée à la radio : les grands orchestres urbains africains de l’époque mais aussi Bob Marley et James Brown…

Djeli remporte rapidement le diplôme de participation au premier Festival de Kora d’Afrique de l’Ouest. Il voyage ensuite dans toute la région, de village en village, en voiture et même en chameau ( !), du Mali au Sénégal en passant par la Mauritanie, le Niger et bien sûr la Gambie. Je jouais et chantais. En échange, on me donnait de la nourriture, je gagnais ma vie comme ça…

"Scène du Monde. Espace Prévert" de Savigny-le-Temple. Mars 2016. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)
"Scène du Monde. Espace Prévert" de Savigny-le-Temple. Mars 2016. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)

"Scène du Monde. Espace Prévert" de Savigny-le-Temple. Mars 2016. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)

En 1989, il s’établit en Côte d’Ivoire. Pendant 4 ans, il apprend la composition auprès de l’Ensemble Kotéba d’Abidjan dirigé par Souleyman Koly. La troupe se fera connaître entre autres par «Waramba », comédie musicale primée au Festival d’Avignon en 1993 et pour laquelle Djeli écrit quatre titres.

Cette même année et après un premier album resté confidentiel baptisé Nna, il décide de s'installer à Paris. « La galère » a duré quelques années nous explique le musicien. J’ai continué de jouer, j’avais mon public mais je n’avais pas encore obtenu mon titre de séjour. J’ai eu l’immense chance d’être parrainé par la comédienne Bernadette Lafont et «Musiciens sans frontières ». J’ai fini par recevoir des papiers en bonne et due forme avant le changement de millénaire.

Pendant de nombreuses années, Djeli va alors collaborer avec des artistes de renom. Citons Manu Dibango, Salif Keïta, Mory Kante, Alpha Blondy, Cesaria Evora, le pianiste de jazz américain Hank Jones ou encore Cheick Tidiane Seck et Sekouba Bambino.

En 1998, il participe au Festival « Voix du Monde » à Rio. En 2003, il enregistre l'album Aduna avec la diva du blues Janice de Rosa la complicité, entre autres, de Jean-Philippe Rykiel. Puis ce sera les Comptines et Berceuses du Baobab en compagnie du percussionniste et spécialiste des rythmes du Brésil Paul Mindy.

En 2010, il rencontre le percussionniste, arrangeur et producteur français Vincent Lassalle. Ce dernier qui a vécu à Bamako quelques années et a appris la musique en Afrique a d’abord travaillé avec de nombreuses formations de styles différents, chanson française ou électro. Rapidement, il propose au musicien africain de réaliser un nouveau disque.

Entièrement enregistré à Ménilmontant, le quartier parisien du koriste guinéen, Djeli ((Polychrone/Socadisc) paraît en 2012. On a commencé à travailler tous les deux. Lui apportait les compositions, je faisais les arrangements et la réalisation poursuit Vincent. Les autres musiciens sont arrivés ensuite…

Avec des textes engagés, une kora, une guitare, une basse, un set de percussions/ machines et une flûte malinké, cette première galette remportera un joli succès et sera suivi de plus de 150 concerts, un peu partout dans le monde.

Djeli Moussa  Conde.

Avec son nouvel opus Womama (Polychrone/Buda records/RFI éditions) sorti dans les premiers mois de l’année 2015, le Guinéen poursuit sa collaboration avec Vincent, les musiciens Jouni Isoherranen (basse), Renaud Tenoux (flûte, flûte fulani) et quelques invités. Ancrée dans la tradition, les cordes s’aventurent à nouveau avec énergie vers d’autres horizons (salsa, funk, reggae). La voix est puissante, les mélodies sont attachantes et on pense en particulier aux Toure Kunda des débuts (Jilan). Les textes, traits d’union trait entre récits et vécu rendent hommage à l’ l’Afrique, (Gambia, Womama, La Salsa Africana), aux héros du continent (Mandela), au quartier parisien d’adoption (African Bond) ou à l’amour (Palma, Lady).

Et la scène ? Les morceaux sont fidèlement reproduits mais il y a assez d’espaces de liberté pour que chacun puisse improviser et s’exprimer.

Entretien réalisé par Frantz-Minh Raimbourg.

"Scène du Monde. Espace Prévert" de Savigny-le-Temple. Mars 2016. Avec Renaud Tenoux,Guimba Kouyaté, Vincent Lassalle, Jouni Isoherranen  (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)
"Scène du Monde. Espace Prévert" de Savigny-le-Temple. Mars 2016. Avec Renaud Tenoux,Guimba Kouyaté, Vincent Lassalle, Jouni Isoherranen  (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)

"Scène du Monde. Espace Prévert" de Savigny-le-Temple. Mars 2016. Avec Renaud Tenoux,Guimba Kouyaté, Vincent Lassalle, Jouni Isoherranen (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)

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