Kengo Saito.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Studio de l'Ermitage. Juin 2016. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Studio de l'Ermitage. Juin 2016. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Entretien avec le musicien japonais à l’occasion de la sortie de son premier album solo.

Racontez nous votre parcours musical !

Dans ma famille, l’influence de la musique occidentale était très présente. Il y avait des musiciens, des danseurs. Mes parents voulaient que j’étudie le piano, mais à l’époque je préférais jouer au foot (sourire) !

C’est seulement plus tard, à l’adolescence, au collège que j’ai commencé à m’intéresser à cette forme d’expression artistique. J’ai appris le violon et la guitare. Comme beaucoup de jeune, j’écoutais du rock, de métal allemand en particulier !

Vous avez découvert les musiques du monde, notamment celles de l'Inde du Nord et de l’Afghanistan à votre arrivée à Paris en 1996 ?

Oui. Il était possible d’assister (et encore maintenant !) à de nombreux concerts de musiques du monde. Les sonorités indiennes puis afghanes m’ont particulièrement fasciné. Pendant plusieurs années, j’ai étudié le sitar et les tablas avec plusieurs professeurs, puis j’ai rencontré le maître sitariste Pandit Kushal Das de Calcutta. Au cours de ses voyages en Europe occidentale, il avait un noyau de fidèles qui lui organisait des stages. Ensuite, je suis parti régulièrement le voir en Inde pour approfondir l’interprétation des ragas.

Mon intérêt pour les musiques afghanes est venu naturellement. Historiquement, il y a toujours eu des liens forts entre ce pays et son puissant voisin. J’ai beaucoup appris (et je continue de le faire quand cela est possible !) auprès de Daud Khan Sadozai, un disciple d’Ustad Mohammad Omar, le roi du rubâb afghan.

Studio de l'Ermitage. Juin 2016. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Studio de l'Ermitage. Juin 2016. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Que s’est-il passé ensuite ?

J’ai commencé à composé puis à faire de la scène à partir du début des années 2000. D’abord en trio avec le joueur de didgeridoo Phillip Peris et Hideaku Stuji (guitare et luth à trois cordes shamisen). J’ai ensuite monté un récital de sitar en tant que soliste et participé en tant qu’accompagnateur à de nombreux projets autant jazz que « classique » ainsi que pour la danse. J’ai aussi dirigé un concert à l'UNESCO en 2010 et un concert de soutien pour les victimes du tsunami du 11 mars au Japon en 2011.

Studio de l'Ermitage. Juin 2016. Avec Ershad Tehrani et Jean-François Lagrost (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Studio de l'Ermitage. Juin 2016. Avec Ershad Tehrani et Jean-François Lagrost (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Parlons maintenant de votre opus « Japanistan » !

En 2012, l’idée de départ était de renouer avec mes racines. Je ne joue pas du koto ou du shamisen et le son du sitar est trop « marqué » pour réaliser un album de mélodies japonaises. Avec le rubâb cela fonctionnait bien. J’ai d’abord recherché un répertoire de chants populaires de mon pays.

Le joueur de tabla Prabhu Eduard m’a proposé d’enregistrer l’album chez lui dans son home- studio. J’ai demandé à quelques musiciens avec qui je collabore depuis des années comme Guillaume Barraud (flûte Bansuri), Antoine Morineau (zarb) de venir m’accompagner sur quelques titres. Il y a aussi le percussionniste Gholam Nejrawi (zerbaghali) qui apporte ses connaissances immenses sur les rythmes afghans.

Il y a dans toute l’Asie quelques gammes qui permettent relier les traditions musicales des différents pays de la région les unes aux autres. On a pu ainsi insérer des rythmes de danses afghanes à des airs de chez nous et les musiciens ont pu improviser autour de thèmes peu connus ou célèbres comme Sakura Sakura.

Sur scène, je jouerai en trio et des invités comme Mieko Miyazaki viendront se joindre à nous.

Entretien réalisé par Frantz-Minh Raimbourg.

Kengo Saito.

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