Alain Schneider.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Auteur-compositeur-interprète, Alain Schneider  nous emmène depuis le début de ce nouveau siècle vers les rives d'une enfance où chacun peut se retrouver.

A l’occasion de la sortie récente du dernier opus  (Aux Antipodes), retour sur l’itinéraire d’un artiste ô combien attachant.

"40 Raisons de faire la fête. 10 ans plus tard...". Novembre 2010. Epinal (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

"40 Raisons de faire la fête. 10 ans plus tard...". Novembre 2010. Epinal (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

De sa jeunesse dans les Vosges et malgré l'éclatement de la cellule familiale, le chanteur parle de moments heureux. Il pratique le piano de façon autodidacte…une manière pour lui "d'occuper de longues journées". C’est aussi la découverte du jazz, de la bossa-nova, de la chanson française et des poètes comme Rimbaud, Prévert...

A l’adolescence, Alain Schneider commence à élaborer des thèmes musicaux et à écrire ses propres textes. Il monte à Paris « afin de vivre de sa passion". Il  s'inscrit en fac de psychologie puis suivent diverses expériences au théâtre (Atelier Charles Dullin, Troupe de ballet-théâtre Alain Leduc).

Père de quatre filles, il acquiert progressivement la certitude que c'est dans la rencontre avec les enfants « qu'il a envie de faire quelque chose".

"40 Raisons de faire la fête. 10 ans plus tard...". Novembre 2010. Epinal (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

"40 Raisons de faire la fête. 10 ans plus tard...". Novembre 2010. Epinal (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Il compose et arrange des musiques pour illustrer des contes, des jeux multimédia, des films documentaires, des pubs ou des spectacles sons et lumières. A sa grande surprise, le directeur d'Universal Jeunesse aime sa voix et lui propose d'enregistrer un CD de chansons à destination du jeune public. Nouveau motif d’étonnement pour celui qui se définit alors comme « un mercenaire du son », la critique est unanime autant dans la presse qu’auprès du public et Plus loin que le bout de ton nez (2002)  se vend alors à plus de 25.000 exemplaires. On y retrouve déjà ce qui fait le style de l’artiste : des musiques variées, souvent swing,  une écriture ciselée, « faite de métaphores, jeux de mots, allitérations » qui s’adresse à toute la famille et des arrangements délicats et originaux.

S’ensuit un deuxième disque qui remporte  à nouveau un joli succès (Midi à 14 heures. 2004) toujours chez Universal.

Emmené par des titres devenus depuis des classiques » (C’est sale, ça !, Aqua tu rêves, La Java des Squelettes, Satakatou,…), une reconnaissance du métier et du public (les 4 clés Télérama et le Talent RTL entre autres) le chanteur gravit la scène mythique de l’Olympia en 2005 puis du Théâtre des Variétés toujours à Paris en 2006.

Pourtant, ce succès ne lui monte pas à la tête. Il nous confie alors que ses seules ambitions sont "d'apporter des mots, du vocabulaire aux plus petits" et d'essayer "d'atteindre chez les grands le petit point d'enfance qui reste en chacun d'entre nous". 

En ce qui concerne la scène, Alain Schneider est catégorique: il fait de vrais concerts, seul ou avec ses musiciens. Et si les chansons sont répétées et travaillées sans relâche, il se laisse la possibilité de dialoguer avec son auditoire, d'improviser, bref de s'adapter à ceux qui lui font face.

Alain Schneider.Alain Schneider.
Alain Schneider.Alain Schneider.Alain Schneider.

Avec Entre le zist et le zest. (2007. Universal. « Grand Prix Mino/Talents Adami », « Coup de Chœur Chorus »), Alain Schneider poursuit sa quête. On retrouve des moments de franche rigolade, des invitations à profiter des plaisirs simples, mais aussi des titres à la tonalité plus grave qui parlent d'écologie ou de liberté.

En 2008, c’est la parution de La Rue est à tout le Monde. Les thèmes sont plus engagés et on y retrouve entre autres un superbe duo métissé (Chocolat caramel, bel hommage au petit fils qui vient de naître) avec la Malienne Rokia Traore. C’est aussi la dernière collaboration avec Universal.

Dans ma rue, est enregistré en public à l’Espace Cardin à Paris en novembre 2010 et reprend des titres des 4 premières galettes.

En 2011, Alain Schneider s’adresse aux plus petits et croque avec humour et tendresse tous les instants de la journée du petit enfant (Mes Petits Moments. Victorie Music).

Chansons d'hiver-1ère biennale de la chanson jeune public. Epinal. Février 2013. De Gauche à droite: Philippe Roussel, François Lemonnier, Hervé Demon, Alain Schneider, Christophe Bardon, Claude Jardin. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)
Chansons d'hiver-1ère biennale de la chanson jeune public. Epinal. Février 2013. De Gauche à droite: Philippe Roussel, François Lemonnier, Hervé Demon, Alain Schneider, Christophe Bardon, Claude Jardin. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

Chansons d'hiver-1ère biennale de la chanson jeune public. Epinal. Février 2013. De Gauche à droite: Philippe Roussel, François Lemonnier, Hervé Demon, Alain Schneider, Christophe Bardon, Claude Jardin. (Photo: Frantz-Minh Raimbourg)

En 2013, Le Vent qui nous mène (Victorie Music) sera récompensé par le Grand Prix de l’Académie Charles Cros. Les arrangements sont dus pour la première fois à Christophe Devillers. Avec ce regard parfois grave, souvent amusé qui le caractérise, l’artiste s’attache à nous faire comprendre que tout bouge, tout change, rien n’est statique comme…. le vent, élément central d’un album particulièrement réussi.

Au fil du temps et en dehors de sa propre carrière, Alain Schneider aura collaboré à de nombreux autres projets… Citons entre autres : L'arbre à chansons, Des rondes et des z'étoiles (Gallimard Jeunesse), Mon dinosaure a disparu (avec un DVD, Les éditions des Braques), Monstres à tue-tête, Mes comptines de l'école maternelle, Comptines au fil du temps, Les chansons caméléons (Milan Jeunesse), Le croque-chansons - 20 jeux de cuisine, Le concerto des animaux (Belin Jeunesse).

Café de la Danse. Juin 2016. Avec Cyril Dompnier et Johanne Mathaly. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)
Café de la Danse. Juin 2016. Avec Cyril Dompnier et Johanne Mathaly. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)

Café de la Danse. Juin 2016. Avec Cyril Dompnier et Johanne Mathaly. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)

2016 aura été une année faste avec deux nouveaux spectacles : « Aux Antipodes » (NDLR : Chronique de l’album ci-dessous) présenté le 12 juin 2016 au Café de la Danse à Paris et une création destinée aux 2-5 ans :"Minute Papillon!".

Loin des chanteurs élevés en batterie dans les médias, Alain Schneider aime confier sa joie de "pouvoir se rendre utile" et de faire confiance à ceux qui ont "nourri" son parcours et ceux qui l'entourent encore maintenant. Un artiste tout simplement humain, avec ses joies et ses doutes.

                                                                 Frantz-Minh Raimbourg

“... Moi, bêtement, je me disais, c’est un chanteur pour enfants... comme on dirait un fauteuil pour handicapés. Parce qu’on aime bien coller des étiquettes, légiférer à coups de codes barres, et balancer les gens au fond de son caddy, sans enlever le papier cellophane, ça évite d’aller voir à l’intérieur. Alain Schneider est un auteur de chansons. Et un musicien. Point barre ! ”.
Vincent Roca (Dossier de Presse « Le Vent qui nous mène »)

“Cet amoureux de la double-croche accrocheuse et des allitérations éthérées est un cas à part... une sorte de magicien sonique qui mélange avec autant de bonheur zazou, fantaisie à la Trenet, poésie à la Prévert et musiques aux mélodies qui folâtrent et gambadent”
Philippe Barbot (Dossier de Presse « Le Vent qui nous mène »)

“C’est pas des chansons qui font rire gras après avoir fait pleurer grave, pas des marmites où bouillent ensemble un tas de ces sentiments usagés que tant d’adultes prêtent aux enfants comme, jadis, les riches refilaient aux pauvres leurs chemises râpées. C’est des chansons comme les autres, enfin comme celles que les “vrais” artistes proposent au “grand” public.
François Ducray (Dossier de Presse « Le Vent qui nous mène »)

 

Le CD: AUX ANTIPODES  ( www.Victorie-music.com)

Après Le Vent qui nous mène, Alain Schneider garde le vent en poupe et nous livre ce sixième album, une nouvelle pépite qui a reçu le Coup de Cœur de l’Académie Charles Cros.

Le chanteur va nous faire partager sa vision poétique et anti conformiste d’un monde imparfait avec beaucoup de tendresse, de sensibilité et sur de belles et gracieuses mélodies dont il a seul le secret.

Nous irons à la rencontre de Maman « Maman est un guerrier apache », une ôde aux Mères Courage, de « Joséphine Baker », la grande chanteuse/ danseuse, militante et rebelle, d’un petit serpent en pleine mue (des dilemmes de l’ adolescence) « La mue», des grands singes qui portent un regard critique sur nous les hommes qui perdons notre sens commun et sur le monde en déraison. Il abordera la maladie d’alzheimer « Elle voit le monde à l’envers », l’ouverture aux autres hors frontières « Viens dans ma datcha », le bouleversant chant des grands mammifères marins en voie de disparition « J’ai vu les baleines » ….et mettra en musique en son hommage le magnifique poème « Poilu » que son grand père Léon, ancien de la grande guerre, a écrit en 1916 (dans le recueil « Au bruit du canon, poésie et souvenirs de guerre » édité par les Editions Littéraires et Musicales du réveil chansonnier).

Arrangé par le fidèle Christophe Devillers, on y retrouve ses amis musiciens Cyril Dompnier (percussions, chœurs), Johanne Mathaly (violoncelle, chœurs), Thierry Garcia (guitares électriques et acoustiques) et l’heureuse participation de son homologue chanteur Jacques Haurogné  dans les  chœurs.

                                                Chronique réalisée par Evelyne Bonhomme.

                                        

Publié dans Chanson Francophone

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